Share of Model.Quelles entreprises l’IA cite-t-elle au Québec ?
À notre connaissance, la première mesure systématique de la présence des entreprises québécoises dans les réponses des grands modèles de langage.
Quand on interroge les grandes IA (ChatGPT, Claude, Gemini, Perplexity) sur un des 12 marchés étudiés, les PME québécoises sont rarement citées : elles captent 18 % ou moins des mentions dans 9 marchés sur 12, et ne dominent que sur les marchés artisanaux. C’est le premier résultat de l’Observatoire Noos, sur 7128 réponses d’IA, pré-enregistré et déposé sur OSF.
Le Share of Model, c’est quoi au juste
Le Share of Model est la part des mentions qu’une entreprise obtient dans les réponses des IA génératives sur son marché. C’est l’équivalent, pour les moteurs de réponse, de la part de voix pour les médias. Noos en a fait, à notre connaissance, la première mesure systématique consacrée aux entreprises québécoises, marché par marché. Mesurer puis améliorer cette présence, c’est l’objet du GEO (Generative Engine Optimization).
L’enjeu est concret. Si un client potentiel demande à une IA quelles entreprises consulter dans votre secteur et que votre nom n’apparaît pas, vous n’existez pas dans cette vitrine, quel que soit votre classement sur Google.
Cinq résultats marquants
Les PME québécoises sont peu visibles, sauf dans l’artisanal
Dans la majorité des marchés, les PME locales représentent une faible part des entreprises citées. Elles ne dominent que là où l’ancrage artisanal prime : boissons (72 %), alimentaire (48 %), hébergement (47 %). Ailleurs, elles restent marginales.
Un biais de notoriété, pas une discrimination géographique
Les modèles citent ce qui est le plus présent dans leurs données, c’est-à-dire les grandes marques mondiales, même quand un acteur local équivalent existe. Le bon prisme n’est pas québécois contre étranger, mais PME contre grand groupe.
Les IA ne se valent pas
La part accordée aux PME varie fortement d’un modèle à l’autre. Deux des modèles les plus économiques, GPT-5 mini et Claude Haiku, sont nettement moins favorables aux PME (6 et 9 %, contre 21 à 22 % pour GPT-5 et Claude Opus) ; Gemini Flash, économique lui aussi, fait exception à 19 %. L’écart résiste aux contrôles statistiques. Le détail par modèle.
Réussir sur Google ne suffit plus
Sur 159 entités saillantes et 12 marchés, la corrélation entre trafic Google et présence IA est faible (Pearson de 0,144 sur le log-trafic, intervalle de confiance traversant zéro). À visibilité Google égale, une entreprise québécoise obtient environ 8,6 points de présence IA en moins (intervalle de confiance à 95 % : de −15,0 à −2,4). SEO et visibilité IA sont deux disciplines distinctes.
Les IA débordent du sujet
En validant chaque citation, on observe que les modèles citent souvent des acteurs hors marché. Cas extrême : interrogés sur la sécurité privée, ils consacrent 28 % de leurs citations à de la cybersécurité, un secteur différent. Cette dérive de périmètre est un angle mort de la visibilité IA.
Faite pour être reproduite
7128 réponses, 9 modèles de 4 fournisseurs (OpenAI, Anthropic, Google, Perplexity), 12 marchés sectoriels. La métrique principale, le taux de présence (presence rate), est validée par une seconde couche d’analyse (un juge IA calibré sur un codage humain, accord AC1 de 0,86).
Le protocole a été pré-enregistré avant l’analyse, et l’ensemble (données, dictionnaire, scripts) est déposé publiquement sur OSF. N’importe qui peut reproduire l’analyse. Voir la méthode en détail.
Les résultats par marché
Chaque marché a sa fiche : qui est cité, la place des acteurs québécois, la dérive observée. Voir tous les résultats clés, explorer les 12 secteurs ou découvrir ce qui rend visible dans les IA.
Source : Observatoire Noos, étude #1 (bras A, closed-book : modèles interrogés sans accès au web), 2026. Pré-enregistrement et données : osf.io/zj5eg.
Noos mesure la visibilité de votre entreprise dans les principales IA et identifie les leviers pour l’améliorer.
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